Les différentes étapes du processus de fabrication des fûts :

Avant d'être transformés en douelles, les merrains (bois de chêne destiné à la tonnellerie et débité dans le sens des fibres du bois) doivent subir une étape de maturation essentielle qu'on appelle séchage à l'air libre.
Ce séchage naturel, d'une période minimum de 18 à 24 mois, permet un lessivage abondant du bois pour l'assouplir, l'affiner et le sécher.

A la suite de ce long séchage, la fabrication du fût proprement dite peut commencer. Outre la qualité du bois, le soin et la vigueur apportés aux différentes étapes de fabrication et à leur contrôle ont une incidence déterminante sur l'aspect, l'étanchéité et la qualité des fûts.

La préparation des douelles :

Elle regroupe quatre opérations :

L'écourtage consiste à donner une longueur définitive et uniforme des merrains en éliminant les extrémités qui peuvent présenter des pertes ou des défauts,

Le dolage est destiné à donner aux merrains une forme concave à la face extérieure (forme cylindrique des fûts) et convexe à la face intérieure,

L'évidage, comme son nom l'indique, élimine une partie du bois à l'intérieur des douelles pour faciliter le cintrage des fûts

Le jointage façonne les joints du merrain devenu douelle.
La pente des joints est adaptée au diamètre du fût et le fléchage donne aux douelles leur forme en fuseau.
En effet, la douelle doit être plus étroite à ses extrémités qu'en son milieu pour qu'après le cintrage, le fût soit renflé en son centre qu'on appelle le bouge.

Le montage des douelles :

Les douelles sont regroupées et rangées côte à côte à l'intérieur d'un cercle métallique épais :
c'est la " mise en rose ".
Le fût est alors prêt à être cintré.

La chauffe :

La chauffe comprend trois étapes successives :

Une première chauffe dite de cintrage permet de donner au fût sa forme définitive en assouplissant le bois sous l'effet de la chaleur et en l'humidifiant régulièrement. A l'aide d'un treuil, progressivement, la coque s'ajuste douelle contre douelle jusqu'au cintrage complet.

La recuisson, qui consiste à maintenir quelques minutes le fût cintré à la chaleur pour atteindre des températures de 180 à 200 °C en surface, permet de préserver la forme cintrée des douelles. Cette seconde chauffe est indispensable pour qu'elles ne cassent pas après le refroidissement.

Le brûlage ou le bousinage a pour objectif de développer les arômes qui compléteront ceux du chêne séché naturellement.

Cette dernière chauffe peut être classée en trois catégories :
- Chauffe légère : la coloration interne des douelles est blonde
- Chauffe moyenne : la coloration est brune
- Chauffe forte : l'intérieur de la coque est presque noir.

La durée totale de la chauffe est d'environ 40 à 45 minutes par fût. Bien entendu, ces données n'ont qu'une valeur indicative. D'une tonnellerie à une autre, les niveaux de chauffe restent très variables. De même que tous les bois ne sont pas appropriés à tous les vins, toutes les chauffes ne sont pas non plus adaptées à tous les vins. D'où l'importance d'une collaboration étroite entre les producteurs et les tonneliers pour être en mesure de conseiller et de préconiser des bois et des chauffes adaptés aux vins que les producteurs souhaitent élaborer selon le cépage, la technique de vinification, le millésime…..


Le rognage :

La coque passe ensuite au poste de rognage des têtes des douelles pour préparer les bases du fût pour y placer les fonds. Préparation et pose des pièces des fonds. Les pièces constituant les fonds sont issues de merrains plus courts. L'étanchéité du fond est assurée par des joints en creux au centre et elle est complétée par la pose des bandes de jonc entre chaque pièce. L'assemblage est assuré par des goujons métalliques ou en bois. Le fond est ensuite taillé en biseau au diamètre correspondant à la tête du fût.

Le cerclage :

Les cercles, au nombre de six à huit, sont généralement en métal galvanisé et complété selon la demande avec des cercles en bois. Les cercles permettent de maintenir des douelles et contribuent à l'étanchéité du fût par serrage.


Contrôle et finition :

Chaque fût est contrôlé pour s'assurer de la bonne étanchéité de celui-ci. La vérification se fait après remplissage d'eau et surpression d'air. Si une pièce est défectueuse ou si un joint n'est pas étanche, l'eau s'échappe. Dans ce cas, les pièces sont changées ou réparées, les cercles sont resserrés et, dans certains cas, des coins peuvent être posés là où subsistent des suintements. Le fût est ensuite raboté, poncé, nettoyé et étampé à la marque du tonnelier.